Série Cimetières : Le cimetière Saint-Thomas-d’Aquin : deuxième partie

Calvaire du cimetière Saint-Thomas-d'Aquin en 1933. Collection Arthur Audet.
Calvaire du cimetière Saint-Thomas-d'Aquin en 1933. Collection Arthur Audet.

JeanMarc Lachance

01.03.2023

Son charnier et son calvaire

Le charnier

« Le charnier est un espace couvert destiné à abriter des intempéries et des regards une sépulture en attente d’être inhumée. » Lorsque la situation le permet, il peut s’agir d’un espace creusé à même une colline dans ou à proximité du cimetière, comme c’est le cas à Sainte-Edwidge. À Compton, la topographie du cimetière Saint-Thomas-d’Aquin ne permettant pas ce type d’aménagement, c’est un petit bâtiment qui a longtemps servi de charnier.

En raison des conditions hivernales, il s’avérait difficile d’inhumer une personne décédée alors que le sol était gelé. Les administrations de cimetières avaient adopté des règlements par lesquels elles ne procédaient à aucune inhumation durant une certaine période, généralement à compter du début de novembre jusqu’au mois de mai. Aucune information ne permet de savoir exactement comment, avant la construction du charnier, les autorités de la paroisse disposaient des personnes décédées en attente d’être inhumées.

C’est en 1907 que l’abbé Irénée A. Lavallée, curé de Compton de 1896 à 1916, demande aux autorités diocésaines la permission d’ériger un charnier dans le cimetière catholique. Ces dernières acquiescent en émettant deux conditions : tout en demeurant accessible, surtout en période hivernale, le charnier devra être suffisamment éloigné du chemin et les coûts d’un tel aménagement ne devront pas dépasser les 300 $ (déjà un peu plus de 225 $ avait été amassé au cours des années). 

Certains se souviendront du petit bâtiment de pierres grises situé du côté droit de la neuvième rangée. Le lot 917 qu’occupait l’ancien charnier a depuis été concédé. De nos jours, la coutume largement répandue de l’incinération des personnes décédées fait en sorte que le besoin d’un charnier, en attendant l’inhumation, relève de l’exception.

Le calvaire

Le principal signe qui différencie les cimetières catholiques de ceux des autres confessions religieuses est la présence d’une croix, d’un Christ en croix ou d’un calvaire. Un calvaire regroupe généralement les principaux personnages de la Passion du Christ soit le Christ en croix, Marie, sa mère, Marie Madeleine et l’apôtre Jean. À ces derniers, certains calvaires peuvent compter d’autres personnages, disons secondaires, reliés à la Passion du Christ.

Le fait d’ériger un calvaire révèle une paroisse florissante, une foi chrétienne bien implantée chez ses fidèles, un curé capable de mobiliser ses ouailles et donne, disons-le, un certain prestige par rapport à une paroisse dont le cimetière est marqué d’une simple croix. 

C’est l’abbé Eugène St-Jean, curé de Compton de 1916 à 1930, qui instaure le projet d’ériger un calvaire au cimetière Saint-Thomas-d’Aquin. Une levée de fonds est organisée dès 1926, laquelle va atteindre, cinq ans plus tard, la somme de 434 $. L’abbé Pierre E. Brouillet, curé de 1930 à 1937, sera cependant celui qui va concrétiser le projet d’ériger un calvaire. Le conseil de Fabrique avait autorisé, en novembre 1932, l’achat d’un calvaire auprès d’un statuaire de Montréal pour un maximum de 500 $. Décédé subitement le 4 mars 1937 à Compton, le curé Brouillet a été inhumé dans le cimetière paroissial, le calvaire qu’il avait fait ériger lui servit de pierre tombale.

Le calvaire du cimetière Saint-Thomas-d’Aquin a subi diverses cures de « rajeunissement ». Initialement de couleur bronze, les personnages sont passés au « gris aluminium » et plus récemment au blanc. La première croix fut remplacée, au cours des années 1980, par une croix en métal. La détérioration des personnages du calvaire, ayant souffert notamment de l’apparition de fissures apparentes, a récemment requis une bonne restauration avant qu’ils soient repeints.


Sources

1. Source principale : Fonds de la Fabrique Saint-Thomas-d’Aquin de Compton – FP35, Centre d’archives Mgr-Antoine-Racine.

Nous n’avons pas trouvé de photographies de l’ancien charnier du cimetière Saint-Thomas-d’Aquin. Si par hasard il s’en trouve ou que vous avez d’autres photographies de Compton, des gens qui l’ont habité ou des activités qui y ont été tenues, n’hésitez pas à communiquer avec nous à : societehistoirecompton@gmail.com À défaut d’en faire don à la Société d’histoire, nous pourrions en assurer la numérisation pour en assurer la conservation et vous les retourner. Merci! 

 2. MRC de Coaticook. Inventaire des cimetières et des croix de chemin réalisé par Patri-Arch, mai 1991, page 83. Site Internet : Inventaire des cimetières et croix de chemin (mrcdecoaticook.qc.ca) (Consulté le 4 février 2023).


Pour la première partie sur Le cimetière Saint-Thomas-d’Aquin, rendez vous ici!

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