Le blocage des nouvelles fait par Meta touche-t-il L’écho?

une téléphone cellulaire ouvert sur une page facebook. loi C-18
Photo provenant de Canva

Danielle Goyette

01.10.2023

La plate-forme américaine Facebook est d’abord fondée en février 2004 à une échelle toute petite par Mark Zuckerberg et se limite aux étudiants d’Harvard. Mais sa popularité grandit de façon exponentielle, si bien qu’en juin 2004, il rejoigne la plupart des universités canadiennes et américaines pour finir par établir son siège social à Palo Alto en Californie. En 2008, Facebook implante ensuite son siège international à Dublin en Irlande et ouvre un bureau à Paris. En janvier 2011, l’entreprise est évaluée à 55 milliards de dollars américains et passe à 116,6 milliards en 2022.

Le 28 octobre 2021, l’entreprise annonce officiellement que Facebook est rebaptisée Meta afin de bien dissocier le réseau social de l’entreprise. Le terme Meta signifie « au-delà » en grec ancien. Pour Zuckerberg, cela exprime à la fois « une idée de proximité ou de changement ». Le terme Meta fait également référence au « métavers » l’univers virtuel et parallèle avec lequel il sera de plus en plus naturel d’interagir dans un futur rapproché.

Aujourd’hui géant du Web, Meta fait partie du regroupement connu sous l’acronyme GAFAM, aux côtés de Google, Apple, Amazon et Microsoft. Au fil des ans, Meta a aussi acquis Instagram, WhatsApp et Oculus VR.

Zuckerberg détient 13 % du capital, mais il dispose aussi de certaines actions spéciales qui lui confèrent 60 % des droits de vote, lui assurant ainsi le contrôle absolu de l’entreprise et de son conseil d’administration.

La loi C-18, une protection pour les médias

Récemment, Meta décidait de bloquer les contenus canadiens d’informations sur ses plates-formes pour faire pression contre le projet de loi fédérale canadienne C-18 qui, en décembre 2023, visera à forcer ces géants du Web à indemniser les médias d’information par des redevances pour compenser le partage de leurs articles qui y sont diffusés. Or, Meta a réagi en promettant de bloquer les partages de nouvelles et d’informations sur Facebook. Ce blocage va diminuer largement la visibilité des nouvelles et nuire à leur possibilité de recueillir des revenus publicitaires ou d’abonnement.

Le Bureau de la concurrence canadien étudie actuellement ce comportement drastique en lien avec la Loi sur la concurrence et il n’hésitera pas à prendre les mesures qui s’imposent si c’est le cas. En Australie et en Californie, il semble que des efforts seraient faits afin de trouver un terrain d’entente afin de partager certains bénéfices publicitaires. Mais qu’en est-il du Canada? Pour l’instant, Meta n’a pas réagi à la plainte envoyée des médias au Bureau de la concurrence. La porte-parole de Meta Canada, Rachel Curran, affirmait le 1er août que le géant numérique prétendait qu’il était « impossible » pour lui de se conformer à la loi C-18.

Qu’en est-il des journaux communautaires comme L’écho?

Certains journaux (non communautaires) sont déjà affectés par ce blocage de Meta. On peut y lire ceci publié sur certaines de leurs pages par Facebook : « Les personnes au Canada ne peuvent pas voir ce contenu. En réponse à la loi du gouvernement canadien, le contenu des actualités ne peut pas être vu au Canada. » Toutefois, la page Facebook de L’écho semble encore protégé pour l’instant, car il est enregistré comme un « organisme communautaire » et n’est donc pas touché par Meta selon ses règles de blocage. 

La loi C-18, un bon coup pour L’écho?

Autre fait important à savoir, c’est que si la loi C-18 peut être une volonté louable de la part du gouvernement pour indemniser les médias canadiens des partages de leurs nouvelles sur Facebook, il faut savoir que L’écho ne jouirait pas de bénéfices de cette loi si elle est appliquée comme prévu en décembre 2023. Car l’une des clauses d’admissibilité de la loi se lit comme suit : « l’entreprise emploie au moins deux journalistes réguliers au Canada, qui peuvent être propriétaires de l’entreprise de nouvelles ou associés dans celle-ci ou avoir un lien de dépendance avec l’entreprise. » Comme L’écho ne compte que des pigistes…

Et puis, en plus, la loi C-18 ne concerne pas vraiment les petits journaux de notre type et ne leur apportera que très peu de profits. Car, même si notre statut journalistique en venait à changer, le pourcentage des redevances distribuées en fonction du profil de notre journal serait tout à fait minime, voire même inexistant…

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