Mieux connaître Compton

magasin général st-laurent; Compton
Le magasin général St-Laurent et la rue Principale

Jeanmarc Lachance

23.05.2022

Para la versión en español : Conocer mejor Compton

PHOTO: ARCHIVES DE LA MUNICIPALITÉ DE COMPTON

Découvrons ensemble quelques pages de l’histoire de notre si joli village de Compton. 

En 1792, la décision d’ouvrir le comté de Buckinghamshire à la colonisation se fait selon la méthode anglaise en divisant, sauf exception, le territoire en townships de dix miles* sur dix miles (16 kilomètres sur 16 kilomètres). Chaque township sera, par la suite, subdivisé en dix rangs de 28 lots. En 1798, Joseph Kilborn entreprend l’arpentage du Township of Compton aux frais et dépens de Jesse Pennoyer et de Nathaniel Coffin. Le 31 août 1802, le « consortium » Pennoyer-Coffin-Kilborn et leurs 18 associés se voient octroyer, par lettres patentes, 1200 acres chacun, soit six lots d’environ 200 acres. La concession de ces terres constitue le premier geste qui, officiellement, crée le Township of Compton

Il est probable que certaines de ces terres aient déjà été occupées par des squatters, mais rien ne l’atteste jusqu’à maintenant, du moins pour le Township of Compton. Les premières familles pionnières de Compton proviennent essentiellement des états du nord de la Nouvelle-Angleterre; elles ne sont pas, dans l’ensemble, des Loyalistes qui auraient migré vers le Canada pour demeurer sous la gouverne britannique, mais plutôt des familles soucieuses de profiter des conditions favorables faites à ceux et celles qui acceptaient de s’établir dans ce territoire à coloniser. En bons observateurs, ces pionniers avaient détecté l’énorme potentiel agricole de la région et celui des cours d’eau qui, une fois quelques barrages érigés, produiraient l’énergie nécessaire pour implanter de petites entreprises manufacturières ou d’utilité courante tels des moulins à scie, des moulins à laine et autres.

Compton jouit d’un excellent positionnement dans les townships; à ses débuts, il est la principale agglomération au sud de Sherbrooke, un carrefour par où passer avant de se rendre à Hereford puis au New Hampshire ou par Hatley atteindre en diligence la frontière étatsunienne à Stanstead. Compton est alors au cœur d’une importante concentration de producteurs agricoles et de fermes d’élevage dont la réputation atteint l’Europe, principalement la Grande-Bretagne et les États-Unis. Les principaux chefs de file de cette excellence comptonoise sont Matthew Henry Cochrane, Herbert Dudley Smith, Benjamin Pomroy pour ne nommer que ceux-là.

Le tracé du Grand Trunk Railway, chemin de fer reliant Montréal à Portland au Maine en passant par Compton, est inauguré en 1853. Cette entreprise ferroviaire va permettre de désenclaver la région et faciliter grandement l’exportation des produits vers le marché montréalais et les grands centres urbains de la Nouvelle-Angleterre. 

Un virage populationnel

C’est vers 1820 que des immigrants britanniques (Anglais, Irlandais et quelques Écossais) viennent confirmer le caractère anglophone de Compton, caractère pourtant bien établi par les familles pionnières d’origine étatsunienne. Mais à compter de 1853, une main-d’œuvre canadienne-française descend aux nouvelles gares de Compton ou de Hillhurst pour notamment travailler, comme ouvrier agricole, sur les différentes fermes où la relève est manquante. Prenant de l’expérience quant aux méthodes agricoles fort différentes de celles qu’elle connaissait, cette main-d’œuvre se prépare, plus ou moins consciemment, à prendre la relève. Lorsque les propriétaires terriens anglophones verront plusieurs de leurs fils et de leurs filles s’établir dans les grands centres urbains ou être attirés par l’aventure et un avenir plus prometteur dans l’Ouest canadien ou américain, plusieurs devront se résoudre à vendre leurs propriétés à défaut d’une relève suffisante. Les grands et petits propriétaires anglophones verront alors arriver des familles canadiennes-françaises en mesure de prendre la relève de leurs exploitations agricoles.

L’ancienne église catholique.

Or, la réputation agricole de Compton est telle qu’au tournant des 19e et 20e siècles, une véritable marée humaine, provenant principalement de la Beauce et des seigneuries situées en bordure des Eastern Townships, viendra s’établir à Compton. En moins de deux décennies, Compton passera d’une majorité anglophone à une population majoritairement francophone.  

Si ce n’est de la déception qu’éprouvent certains propriétaires de même que les autorités civiles ou religieuses en constatant le déclin de la population anglophone de Compton, c’est sans véritable heurt ni problème majeur que les deux groupes vont d’abord cohabiter jusqu’à ce que les francophones assument l’ensemble des responsabilités aux plans civil, religieux, économique, scolaire et autres.

Les municipalités de Compton

Après quelques tentatives et autant de changements législatifs, la municipalité du Township of Compton prend définitivement forme en 1855. Benjamin Pomroy en devient le premier maire. Le hameau industriel de Waterville, au nord-ouest du Township of Compton, devient une municipalité autonome en 1876; le village de Compton fera de même par détachement de la municipalité du Township of Compton en 1893. En 1950, la partie ouest du Canton de Compton devient la Municipalité de Compton Station. En incluant Waterville, quatre municipalités ont desservi le territoire du Township of Compton tel que défini en 1802. 

La réunification des municipalités du Village et du Canton de Compton a lieu en 1994 et prend le nom de Municipalité de Compton. Celle de Compton Station s’y joint en 1999 et donne naissance à la Municipalité de Compton telle que nous la connaissons de nos jours. La nouvelle Municipalité de Compton couvre dorénavant le territoire initial de Township of Compton, à l’exception de la Ville de Waterville qui, à l’occasion de la réforme de l’organisation municipale des années 2000, ajoute à sa juridiction une partie du secteur rural de l’ancien canton d’Ascot.

En conclusion

Pour résumer, l’histoire de Compton se passe en deux temps; les cent premières années sont marquées par l’omniprésence d’une communauté anglophone d’origines étatsunienne et britannique. Au siècle suivant, Compton s’est transformé, par l’arrivée massive des Canadiens français, en un milieu essentiellement francophone, mais divisé en trois au plan municipal. Pour faire face à ses prochains cent ans, Compton a maintenant regroupé ses énergies dès le début du troisième millénaire, en passant de trois municipalités à une seule. En mobilisant ses ressources les plus vives, Compton demeure une référence en agriculture tout en innovant au plan agroalimentaire. Par ses paysages, le dynamisme de son milieu et sa qualité de vie, Compton demeure une destination de choix. 

* Le mile est une unité de longueur du système anglais

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