Série Cimetières : Le cimetière Doak

Jeanmarc Lachance

25.06.2021

Par Jeanmarc Lachance, président de la Société d’histoire de Compton

Le cimetière Doak est un cimetière de type familial, c’est-à-dire qu’on n’y compte que des sépultures de membres de la famille Doak ou de leurs proches. En 1829, George W. Doak, décède à l’âge de deux ans et demi. Selon les volontés de ses parents, Robert Doak et Abigail Crosby, il sera inhumé dans une parcelle de leur propriété. « This ground was given and consecrated for a cemetery in memory of our beloved son, […]. »

Dans la famille Doak, on a longtemps soutenu qu’une cinquantaine de personnes y avaient été enterrées, mais l’inventaire dressé par monsieur Leslie Nutbrown ne dénombre qu’une vingtaine d’inscriptions.

La famille Doak

Originaire du New-Hampshire, la famille Doak s’établit dans le cinquième rang de Compton vers 1810. La ferme, The Hermitage, restera la possession des Doak jusqu’au début du XXe siècle, alors qu’elle passe aux mains de la famille Vaillancourt pour faire partie, de nos jours, de la ferme Steronest, chemin Dion à Compton.

James Doak avait repris la ferme familiale au décès de son père en 1859 alors qu’Oliver A. occupait la ferme voisine. Quant à William R., il tenait un magasin général au village de Compton. La famille Doak a contribué activement à l’essor du hameau de Hillhurst, notamment lors la construction de la Hillhurst Union Church.

Le cimetière

Des membres de la famille Doak sont occasionnellement venus visiter le cimetière longtemps abandonné. R. K. Potter rapporte, en 1972, que le cimetière est en mauvais état : « Most of the stones had been overturned and broken and are covered by several inches of soil and a tangle of waist high brush. » Ce genre de situation quant aux cimetières familiaux est assez courant puisque ne relevant pas d’une Église bien constituée, la responsabilité de l’entretien de ces cimetières ne repose que sur les épaules de quelques personnes. Le risque est encore plus grand lorsque ces familles quittent définitivement la région pour s’établir ailleurs.

Le constat de monsieur Potter s’explique aussi par le fait que le cimetière Doak avait été vandalisé quelques années auparavant. Plusieurs des pierres tombales qui s’y trouvaient alors ont été chargées à bord de camions immatriculés en Californie…

Heureusement, quelques pierres tombales ont échappé au saccage, ce qui a permis aux frères Douglas, Grant et Jim Doak d’ériger, en 1985, le mémorial qui s’y trouve et d’y intégrer les pierres tombales laissées sur le site.

L’écart entre le nombre d’inscriptions retracées et l’estimation d’une cinquantaine d’inhumations tient au fait que le pillage dont le cimetière Doak a été l’objet a fait disparaître les noms de celles et ceux qui avaient pourtant bien pris soin de laisser leur « signature » dans la pierre.

Note : Dans la symbolique funéraire, l’agneau couché réfère généralement au décès d’un enfant en bas âge. L’agneau, couché près d’une souche ou d’un tronc d’arbre cassé, rappelle que le décès est attribuable à une cause accidentelle ou à la suite d’une courte maladie. Sur certains monuments funéraires d’enfants, l’agneau est remplacé par un oiseau, le plus souvent par une colombe, la signification demeurant la même.


Pierre tombale de William et Lucius F. Doak décédés en bas âge, enfants de James Doak et d’Eliza A. Spafford. Photographie de Jeanmarc Lachance, 2018.

Sources :

Site Internet http://www.doak.ws [Consulté le 5 septembre 2011]. Ce site, consacré à l’histoire de la famille Doak, n’est plus accessible.

NUTBROWN, Leslie. Inventaire des inscriptions du Doak Cemetery, juillet 2005, mise à jour, janvier 2019. Site Internet : Doak Cemetery, Compton, Quebec – Burial Records (interment.net) [Consulté le 9 juin 2021).

MRC de Coaticook. Inventaire des cimetières et croix de chemin, mai 2011. Site Internet : Inventaire des cimetières et croix de chemin (mrcdecoaticook.qc.ca) [Consulté le 10 juin 2021].

Société d’histoire de Compton. Les Doak de Compton dans Souvenirs de Compton, version française de Reflections of Compton, Compton, 2005, pages 93 à 96.

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